Une augmentation de 0,7 % chez Akkodis ? une injustice criante

Alors que l’étude de LHH, également entité du groupe Adecco, prévoit une augmentation médiane de 2,5 % pour les négociations annuelles obligatoires (NAO) en 2025, la proposition de 0,7 % chez Akkodis suscite l’indignation de tous les syndicats.

Comment expliquer une telle annonce de la part d’une société appartenant au même groupe ? Les salariés d’Akkodis, à juste titre, ressentent une profonde injustice face à cette proposition qui ne semble ni équitable ni respectueuse de leurs efforts constants. En comparaison, l’augmentation de 2,5 % annoncée par LHH reflète davantage la réalité économique. En effet, les premières remontés sur notre secteur sont plutôt de l’ordre de 1.7% à 2%.

Il est crucial de souligner que ces augmentations ne sont pas de simples chiffres. Elles représentent la reconnaissance du travail acharné des salariés, leur motivation à contribuer au succès de l’entreprise, et leur capacité à faire face aux coûts de la vie croissants. Une augmentation de 0,7 % apparaît alors dérisoire, presque insultante, en regard des efforts et du dévouement quotidien des employés et des montants remontés au niveau du groupe Adecco.

Le niveau accordé par la direction d’Akkodis aux augmentations 2025 traduit d’une difficulté commerciale qui nous amène à redouter qu’Akkodis soit sur une trajectoire proche d’un plan social. Pire encore, la stratégie de Akkodis semble s’orienter vers des licenciements économiques déguisés, en imposant des missions à plusieurs centaines de kilomètres, forçant ainsi les employés à refuser et à quitter l’entreprise.

Les salariés d »Akkodis méritent mieux. Ils méritent une reconnaissance tangible, juste et en adéquation avec leurs contributions. Il est temps pour les dirigeants de revoir cette proposition et d’ajuster les augmentations salariales afin de refléter équitablement les efforts fournis par leurs équipes, tout en invitant les actionnaires à limiter leurs bénéfices pour le bien commun.

Inaptitude et reclassement : la preuve du caractère déloyal des propositions repose sur le salarié

Le régime de l’inaptitude est de moins en moins favorables aux salariés, ce que confirme une décision de la Cour de cassation concernant les propositions de reclassements.
Lorsqu’un salarié est déclaré inapte, l’employeur est alors tenu de tenter de le reclasser en lui proposant un autre emploi approprié à ses capacités, aussi comparable que possible à celui précédemment occupé et qui tient évidemment compte des indications formulées par le médecin du travail (art. L. 1225-2 du Code du travail). La jurisprudence exige de l’employeur une obligation de loyauté dans les propositions de reclassement qu’il formule au salarié mais quels sont les contours de cette « loyauté » ?
Dans une récente affaire, un salarié déclaré inapte suite à une maladie professionnelle se voit proposer jusqu’à 9 postes de reclassement mais les refuse tous en raison de leur éloignement géographique. Il est par la suite licencié pour inaptitude et impossibilité de reclassement mais contestera ce licenciement en considérant que l’employeur avait volontairement omis de lui proposer des postes disponibles dans sa région.
Pour la Cour de cassation, l’employeur avait rempli son obligation de recherche de reclassement en proposant différents postes au salarié répondant aux critères de l’article L. 1226-10 du Code du travail (emploi approprié à ses capacités, aussi comparable que possible, tenant compte des indications du médecin du travail). Puisque l’employeur avait, selon les juges, rempli son obligation, il appartenait au salarié de démontrer que cette proposition n’avait pas été faite loyalement. Concrètement, il revenait au salarié de démontrer qu’il existait un autre poste plus adapté que l’employeur aurait négligé de prendre en considération lors de ses recherches. C’était donc au salarié d’apporter la preuve qu’il existait bien des postes disponibles dans sa région et conformes aux exigences des préconisations du médecin du travail.
Si on peut comprendre le raisonnement de la Cour de cassation qui s’appuie sur l’article 1354 du Code civil, il en résulte que la preuve qui repose sur le salarié est quasiment impossible à établir, ce qui risque de vider de sa substance l’obligation de reclassement et son caractère loyal.
Soc. 4 septembre 2024 n° 22-24.005

Télétravailler depuis l’étranger : attention à la faute grave !

Le Conseil de prud’hommes de Paris a rendu une décision inédite concernant un salarié qui s’était installé au Canada pour télétravailler, sans l’autorisation de son employeur.
Dans cette affaire qui s’est tenue pendant les périodes de confinement dues au Covid, le télétravail avait été prescrit à 100 % et l’entreprise avait même autorisé qu’il soit exercé à l’étranger à condition d’en être prévenu et que le lieu de télétravail se trouve sur le même fuseau horaire ou sans décalage de plus de deux heures.
Une salariée avait néanmoins décidé de s’installer au Canada et l’avait dissimulé à son employeur. Lorsque celui-ci l’a découvert, plusieurs mois plus tard, il a demandé à la salariée de se présenter sur son lieu de travail, ce qu’elle a refusé et qui a motivé son licenciement pour faute grave.
Ce licenciement a été validé par les juges compte tenu des risques encourus par l’entreprise du fait de l’activité
de la salariée au Canada (aucune autorisation des autorités canadiennes n’avait été demandée), de la violation des règles sur le RGPD (règlement général sur la protection des données), et du refus de la salariée de se conformer aux directives de l’employeur en matière de télétravail.
Conseil de prud’hommes de Paris, Section encadrement, 1er août 2024

Elections chez Akkodis

Le 23 septembre prochain, vous allez pouvoir voter aux élections de vos représentants du personnel sur le périmètre Akkodis.

La CFTC sera bien évidement présente pour ces élections et vous pouvez retrouver notre livret avec des explications, notre bilan, nos objectifs et l’ensemble des candidats de la CFTC …

  • Notre livret CFTC pour les élections Akkodis 2024 : LIEN
  • Notre livret CFTC en version US : LIEN

Avec 70 candidats, nous serons présents sur les 3 collèges tout en respectant la proportion Femme-Homme 🙂

Aux prochaines élections, dès le 23 septembre, votez CFTC !!!

Clause de mobilité : le salarié peut invoquer l’impact sur sa vie personnelle et familiale pour la refuser

La Cour de cassation rappelle qu’en cas de litige relatif à la mise en œuvre d’une clause de mobilité, les juges sont tenus de vérifier à la demande du salarié s’il y a ou non atteinte à la vie personnelle et familiale de ce dernier et, le cas échéant, si cette atteinte est justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché. Ce double contrôle est essentiel car il permet de caractériser ou d’écarter un abus de droit de l’employeur.

En principe, une clause de mobilité s’impose au salarié

La clause de mobilité est une clause du contrat de travail par laquelle le salarié accepte à l’avance que son employeur puisse modifier unilatéralement son lieu de travail, dans une zone géographique précisément délimitée (cass. soc. 7 juin 2006, n° 04-45846, BC V n° 209).

En principe, la mise en œuvre de cette clause s’impose au salarié qui ne peut donc pas refuser d’être muté (c. civ. art. 1103 et 1104). En cas de refus, le salarié s’expose à un licenciement pour cause réelle et sérieuse (cass. soc. 23 janvier 2008, n° 07-40522, BC V n° 19).

Toutefois, le salarié peut refuser la mise en œuvre de sa clause de mobilité si elle :

-relève de la mauvaise foi de l’employeur et n’est donc pas justifié par l’intérêt légitime de l’entreprise, ce que le salarié doit prouver (cass. soc. 23 février 2005, n° 03-42018, BC V n° 64 ; cass. soc. 23 juin 2010, n° 08-40581 D) ;

-est abusive, notamment, parce qu’elle porte une atteinte disproportionnée et injustifiée à son droit à une vie personnelle et familiale (cass. soc. 14 octobre 2008 n° 07-40523, BC V n° 192 ; cass. soc. 14 février 2018, n° 16-23042 D).

Un salarié licencié pour avoir refusé une mobilité du fait de son impact sur sa vie personnelle et familiale

Dans cette affaire, un employeur d’une entreprise du bâtiment avait informé un salarié employé en qualité d’ingénieur principal de sa future affectation à Cuba puis au Nigéria, conformément à sa clause de mobilité.

Le salarié avait refusé ces deux propositions de mobilité.

Il avait alors été licencié puis avait saisi la justice pour demander, notamment, une indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il arguait que son refus était justifié par une atteinte excessive que ces mobilités porteraient à sa vie personnelle et familiale, au regard des nécessités de scolarisation de ses enfants.

La cour d’appel avait débouté le salarié en retenant que :

-les différentes propositions d’affectations de l’employeur étaient sérieuses et ne pouvaient être considérées déloyales, alors même que le salarié n’ignorait pas que la société n’avait pas de besoin spécifique immédiat dans d’autres pays que Cuba, l’Angleterre en contrat local ou le Nigéria et l’Algérie ;

-le salarié ne rapportait pas la preuve de la mauvaise foi de l’employeur ou d’un abus de celui-ci dans la mise en œuvre de la clause de mobilité, ni ne démontrait que son licenciement serait, en réalité, lié au souhait de la société de se séparer de lui en raison d’une conjoncture difficile et d’une volonté de baisser le nombre d’expatriés.

La cour d‘appel en avait déduit que le salarié ayant refusé les affectations loyalement proposées dans le cadre de sa clause contractuelle de mobilité, son licenciement reposait sur une cause réelle et sérieuse.

À tort, puisque la Cour de cassation casse la décision.

Les juges ne pouvaient pas valider le licenciement sans vérifier l’existence d’une atteinte à la vie personnelle et familiale du salarié

La Cour de cassation rappelle le principe selon lequel nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché (c. trav. art. L. 1121-1).

Lorsque le salarié invoque une atteinte à sa vie personnelle et familiale pour justifier son refus de mutation en application de sa clause de mobilité, les juges doivent vérifier si une telle atteinte existe et si cette atteinte est justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché (cass. soc. 13 janvier 2009, n° 06-45562, BC V n° 4).

En l’espèce, les juges s’étaient prononcés sans vérifier, alors que le salarié le demandait, si la mise en œuvre de la clause de mobilité portait atteinte à son droit à une vie personnelle et familiale et, le cas échéant, si l’atteinte était justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché.

Faute d’avoir effectué cette vérification, ils ne pouvaient pas déclarer le licenciement reposait sur une cause réelle et sérieuse.

L’affaire sera rejugée.

Cass. soc. 28 juin 2023, n° 22-11227 D

Congés payés pendant les arrêts maladie

La France va se mettre en conformité avec le droit européen, la plus haute juridiction administrative française vient de rendre un avis pour définir les contours de la révision du Code du travail.

Le Code du travail ne le permettait pas : un salarié en arrêt maladie (hors maladie professionnelle ou accident du travail) ne pouvait prétendre à des congés payés. En septembre, la Cour de cassation a rendu plusieurs arrêts pour que la France se mette en conformité avec le droit européen, à savoir qu’un salarié en arrêt maladie ordinaire avait droit aux congés payés.

La nouvelle règle est donc maintenant en place avec une nuance. Le droit européen prévoit 4 semaines de congés payés par an alors que la France est sur une base de 5 semaines. Il ne faudra donc pas s’étonner de voir son compteur diminuer légèrement pendant un arrêt maladie …

Pour terminer le sujet, le gouvernement a décidé d’une période pour demander la rétroactivité de cette mesure. En effet, elle est applicable depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne (2009) mais sous la pression des syndicats patronaux et des entreprises, le délai de la demande est limité en fonction de la date du Traité (23 avril 2024 minuit) :

  • Pour les salariés qui sont toujours dans leur société : demande de récupération des CP jusqu’au 23 avril 2026 minuit
  • Pour les salariés qui ont changé d’employeur : jusqu’au 23 avril 2027 minuit

Tombola Adhérents CFTC Akkodis, quels sont les gagnants 2023 ?

Et voila, le tirage au sort de la 2ème édition de la Tombola Adhérents CFTC Akkodis a été réalisé et nous avons nos 3 gagnants !!!

A la CFTC, si vous êtes adhérents, vous avez un numero INARIC (comme un matricule) et afin de garantir l’anonymat des gagnants voila les 3 codes gagnants :

  • le gagnant des 1000 € : INARIC A73543
  • la gagnante des 500 € : INARIC A62334
  • la gagnante des 350 € : INARIC 982295

Nous renouvellerons l’opération l’année prochaine avec un nouveau tirage de la Tombola Adhérents CFTC Akkodis !!! N’attendez pas et adhérez dès maintenant pour ne pas louper le tirage 🙂

CSE du 25/07/2023 : Mutuelle, changement pour tout le groupe Adecco au 1er janvier

Le choix de changer de mutuelle et de prévoyance a été décidé par le groupe Adecco pour l’ensemble de ses salariés.

Au 1er janvier 2024, nous ne passerons plus par Mercer mais par Henner avec un tout nouveau contrat et de nouvelles options.

Dans les 1ers axes d’amélioration sur la mutuelle :

  • Passage du réseau Itelis vers Carte blanche
  • options « responsable » et « non responsable »
  • gestion des conjoints avec 3 tarifs :
    • à charge : inclu
    • non à charge sans mutuelle : ~70€
    • non à charge avec une 1ere mutuelle : ~40€
  • Support avec un vrai interlocuteur et pas un robot téléphonique

Un prochain article donnera plus de détails sur ce sujet 🙂

CSE du 27/06/2023 : Outils pour la réservation voyage

La Direction informe son intention de passer l’ensemble des salariés sur la solution Concur en remplacement de la solution Egencia.

Pour le moment, aucun changement de la politique voyage n’est envisagé. La plateforme Concur semble avoir plusieurs avantages (notamment la chaine de validation des demandes et l’attribution sur les codes projets) mais aussi quelques inconvénients (mise en place compliquée et perte de l’application mobile).

Participation aux bénéfices, Adecco vous la sucre

Dans le groupe Adecco, nous avons l’habitude de ne pas avoir de participation aux bénéfices.

Néanmoins, depuis 6 mois, la direction nous annonçait une année record avec une quasi certitude d’un premier versement de participation.

Malheureusement, hier, nous avons appris qu’il n’en serait rien et la seul justification est :

« Zone costs from Adecco »

Et voila, la pompe à fric Adecco s’est allumée et une ponction de plusieurs millions d’euros a été faite. C’est donc pratiquement 300€ par salarié qui ne seront pas distribués !!! Et je ne parle même pas des impôts évités par ce genre d’action …

Après une année record, notamment grâce à l’engagement des salariés pendant le COVID, Adecco décide une nouvelle fois de jouer la carte des dépenses sur le dos des salariés … et de l’état.

Si le dialogue sociale est constructif au niveau de Modis, il y a un mur qui s’est construit entre les salariés et le groupe … Il est temps de le faire trembler !!!

CSE du 30/05/2023 : Quand le Smic rattrape les minimas Syntec …

La direction va appliquer comme salaire minimum le salaire plus élevé entre les minimas Syntec (+30€ via accord Modis) et le Smic (+30€ via accord Modis).

Il y aura donc une augmentation liée à l’augmentation du Smic pour certains salariés … en attendant que les minimas Syntec soient renégociés au niveau national.